Bordeaux

Bordeaux est une ville du sud-ouest de la France, chef-lieu de la région Aquitaine et préfecture du département de la Gironde.

Ses habitants sont appelés les Bordelais.
A la tête de la Communauté urbaine de Bordeaux, la commune compte 250 082 habitants (recensement 2008) [1] et l’aire urbaine près d’un million.
La ville est connue dans le monde entier pour son vignoble, surtout depuis le XVIIIe siècle, qui fut pour elle un véritable âge d’or. Capitale de l’ancienne Guyenne (le nord de l’Aquitaine actuelle), Bordeaux fait partie de la Gascogne et est située en bordure des Landes de Gascogne.
Une partie de la ville, le Port de la Lune, est classée depuis juin 2007 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO pour l’ensemble urbain exceptionnel qu’il représente
La ville est traversée par la Garonne. C’est un port accessible aux navires de haute mer, mais la plupart s’arrêtent plus en aval sur la Gironde, principalement au Verdon. Elle possède le dernier pont en aval sur la Garonne, le pont d’Aquitaine. Au-delà, la Garonne, puis l’estuaire de la Gironde, ne sont franchissables que par des bacs.
L’agglomération s’est développée à un rythme rapide, du fait d’un fort étalement urbain principalement vers l’ouest. Cet étalement est notamment lié au fait que les habitations de l’agglomération bordelaise excèdent rarement deux, voire trois niveaux, y compris dans les faubourgs proches du centre-ville.
En centre-ville, l’opération de transformation du quartier Mériadeck dans les années 1960-1970 a visé à séparer les circulations piétonnes et automobiles, en construisant une dalle piétonne au-dessus de la voirie. Le bilan de cette opération est contesté.
Depuis le début des années 2000, « la belle endormie »[réf. nécessaire] s’éveille au rythme des chantiers de renouvellement du centre ville, profondément transformé depuis le retour du tramway.
Bordeaux est une ville du sud, tant par sa géographie que par son climat et sa culture. De la domination anglaise au Moyen Âge, elle cultive un certain flegme. Des courants commerciaux avec les pays de la Hanse et de la Hollande, elle garde le professionnalisme, l’ouverture sur le monde. De l’époque de Louis XIV, elle garde une architecture droite, alignée, classique, que l’on retrouve dans les innombrables châteaux en pierre blonde. Mais Bordeaux se vit aussi au rythme latin. Elle se montre gourmande et fêtarde, car sa population vient de toute l’Aquitaine, province qui jouxte l’Espagne.
La ville de Bordeaux est divisée en huit cantons (voir carte des cantons). Les cantons 1 à 6 sont situés sur la rive gauche de la Garonne en bordure du fleuve. Le septième correspond à la rive droite et au quartier de la Bastide. Enfin, le huitième correspond au quartier de Caudéran. Cette division purement administrative n’ayant rien d’historique, les habitants s’identifient plus à leur quartier qu’à leur canton.
La ville peut aussi être divisée en trois parties :
la vieille ville de Bordeaux
les anciens faubourgs (partie située à l’intérieur des boulevards)
les quartiers extérieurs (comme Bordeaux-Lac ou Caudéran). Les types de logement et d’activité sont très différents dans ces trois parties de la ville
La vieille ville
La vieille ville de Bordeaux est la partie située à l’intérieur des anciens murs de la ville, qui correspondent aujourd’hui aux cours de Verdun, Clemenceau, place Gambetta, cours d’Albret, cours Aristide Briand, place de la Victoire, et cours de la Marne. À l’est, la vieille ville est délimitée par la Garonne.
On trouve deux grands axes qui traversent la partie historique de la ville : la rue Sainte-Catherine qui coupe la ville du Nord au Sud et le cours Victor-Hugo, prolongé par le pont de pierre qui coupe la vieille ville d’ouest en est.
La rue Sainte-Catherine, rue piétonne de près de 1 300 mètres, relie la place de la Comédie (Grand Théâtre) et la place de la Victoire, où se situent encore des vieux bâtiments de l’Université (Université Bordeaux 2). La rue Sainte-Catherine et les quartiers situés à l’ouest de cette rue sont très commerçants. À l’est de la rue, jusqu’aux quais, se situent des quartiers de logement.
Article détaillé : Rue Sainte-Catherine (Bordeaux).
L’axe est-ouest, formé par le pont de pierre, seule traversée de la Garonne de la vieille ville, et le cours Victor-Hugo, coupe le vieux Bordeaux en une partie nord, plus riche, et une partie sud, plus pauvre.
Dans le quart nord-ouest de la vieille ville (quartier des Quinconces et de l’hôtel de ville), se situent des restaurants et des cafés cossus, des établissements bancaires et des prestataires de services financiers, ainsi que des commerces de luxe. C’est dans cette partie nord-ouest que se situe le « Triangle d’Or » de Bordeaux. Ce secteur, dont la forme est un triangle presque équilatéral délimité par les cours Clemenceau, de l’Intendance et les allées de Tourny, est considéré comme la vitrine du luxe bordelais. En 1789, l’actuel « Triangle d’Or » n’était qu’un espace de couvents, mais lors de la Révolution, ces biens du clergé furent réquisitionnés et la ville se trouva en possession de vastes terrains vacants. C’est en 1790 que l’architecte Chalifour proposa un plan de réorganisation du quartier, avec une place centrale (place des Grands-Hommes) et des rues rayonnantes. Les travaux commencèrent en 1792, mais furent interrompus par la Terreur et ne reprirent qu’en 1797. Les rues furent baptisées du nom des grands esprits ayant inspiré la Révolution française (Montesquieu, Rousseau, Voltaire). De nos jours, le cours de l’Intendance, rénové et devenu piéton avec l’arrivée du tramway, permet d’admirer les façades du XVIIIe et du XIXe siècle de ces bâtiments luxueux.
Dans la partie nord-est (quartiers Saint-Pierre et Saint-Eloi), se trouvent de nombreux restaurants, hôtels et bistros. Au bord de la Garonne se situent les quais, en plein réaménagement depuis l’arrivée du tramway. L’aménagement de la face est de la ville, tournée vers le fleuve, date du XVIIIe siècle. Le but était de donner une bonne impression aux voyageurs arrivant du fleuve. La place de la Bourse, ancienne place Royale, fut inaugurée en 1755.
La partie sud-ouest de la vieille ville (autour de la place de la Victoire) se caractérise par la présence de nombreux étudiants. Le quartier est en effet proche d’une partie de l’Université Bordeaux 2 et est aussi bien desservi par les transports en commun en direction du domaine universitaire (notamment la ligne B du tramway). Ce quartier est aussi un lieu de résidence de la classe moyenne.
Enfin, la partie sud-est du centre ville (autour des Capucins, de Saint-Michel et de Sainte-Croix) est un lieu de résidence des populations aux revenus plus faibles (personnes âgées, ouvriers, chômeurs et immigrés). C’est également dans ce secteur de la ville que se situe la gare Saint-Jean, construite au XIXe siècle.
Les anciens faubourgs
Rue Notre-Dame dans le quartier des ChartronsÀ l’extérieur des murs de la ville, les cours actuels, des faubourgs sont apparus. De nos jours, ces faubourgs, compris entre les cours et les boulevards, entourent la vieille ville. Malgré quelques exceptions, le développement de ces quartiers s’est fait de façon semblable.
Au nord, le long de la Garonne, se situent les quartiers du Grand-Parc et des Chartrons. Ces quartiers abritaient de nombreux commerçants en vin.
Le quartier des Chartrons doit soit nom au couvent des Chartrons fondé en 1381, lors de la guerre de Cent Ans par des chartreux du Périgord venus se réfugier dans ce quartier marécageux. L’intendant Tourny, a relié les Chartrons à la ville par une promenade (l’actuel cours Xavier-Arnozan), et une grande allée (l’actuel Cours de Verdun), et a fait construire de somptueuses demeures de style Louis XV et de style Louis XVI, par les frères Laclotte, ainsi que le jardin public. La rénovation actuelle des quais du quartier des Chartrons et l’arrivée du tramway B dans ce quartier ont entraîné une augmentation importante du prix de l’immobilier.
Jusqu’aux années 1980, les quais des Chartrons étaient le cœur du négoce bordelais de vins; dans les années 1990, le port de Bordeaux s’étant précédemment déplacé au Verdon, les négociants en vins ont transféré leurs entreprises vers l’extérieur de la ville sur de plus grandes surfaces et dans des locaux plus modernes que ces magnifiques bâtiments du XVIIIe siècle qu’ils occupaient jusqu’alors. C’est à ce moment que ce quartier s’est spécialisé dans l’art sous toutes ses formes, les métiers d’art: ébénistes, restaurateurs, doreurs, sculpteurs sur bois, les antiquaires, les brocantes, les galeries d’art, le CAPC, les ateliers d’artiste, …
Le quartier du Grand Parc, au nord du quartier Saint-Seurin, quant à lui, est très différent. Bien que compté dans le même arrondissement, il a pris son essor dans les années 1960 et 1970 avec la réalisation de grands ensembles urbains qui aujourd’hui vieillissent, malgré la réalisation de vastes projets immobiliers non loin de là, telle la place Ravezies.
Le quartier Saint-Seurin, du nom de la basilique Saint-Seurin, est situé au nord-ouest et construit autour du palais Gallien ; c’est un lieu d’habitation aisé. Ce quartier et le quartier des Chartrons accueillent de nombreux consulats.
Immeuble de la CUB situé dans le quartier MériadeckÀ l’ouest de la ville s’élève le quartier Mériadeck. Le quartier doit son nom au prince cardinal de Rohan, Ferdinand Maximilien Mériadec, archevêque de Bordeaux qui y fit construire le palais Rohan en 1771 (qui, en 1835, deviendra l’hôtel de ville) et qui offrit les terres à la ville, alors à l’étroit dans ses limites géographiques héritées du Moyen Âge. C’est un quartier moderne, essentiellement commercial et administratif. Pendant longtemps, cette partie de la ville ne fut qu’un vaste marais bordant la ville. Mais les maladies dues à la présence de ce marais (et notamment la peste) ont conduit au XVIIe siècle à son assèchement. Au XIXe siècle, des échoppes y sont construites et une population pauvre d’ouvriers et d’artisans s’y installe. Des maisons closes, cafés et bals animent ce quartier cosmopolite. En 1955, la municipalité dirigée par Jacques Chaban-Delmas décide la rénovation totale de ce quartier pauvre. Le projet prévoit la construction d’immeubles « barres » typiques de ces années. En 1963, la rénovation devient restructuration et le quartier Mériadeck sera finalement le quartier d’affaires de Bordeaux avec des bâtiments modernes commerciaux et administratifs, ainsi que des équipements sportifs (patinoire…). De nombreuses administrations et services sont regroupés dans ces grands bâtiments, dont la hauteur a finalement été limitée, construits autour d’un jardin central. De plus, la circulation automobile et celle des piétons ont été séparées par la construction d’une dalle, l’actuelle esplanade Charles de Gaulle. Ce quartier abrite de nos jours des centres commerciaux, la Communauté urbaine de Bordeaux, la préfecture de la région Aquitaine, le conseil général de la Gironde et certains services du Trésor public. Ce quartier voulu par Jacques Chaban-Delmas a de nombreux détracteurs, notamment à cause de l’architecture du quartier (typique des années 1960-1970), de la séparation des voitures et des piétons et de l’utilisation massive du béton. Cependant certains bâtiments plus récents (comme la préfecture d’Aquitaine) tendent à rajeunir l’architecture vieillissante de ce quartier. Ce quartier a quand même eu des points positifs, il a notamment permis la construction de bâtiments administratifs et commerciaux à proximité du centre ville sans dégrader l’architecture historique du vieux Bordeaux. Les quartiers autour de Mériadeck sont composés de nombreuses échoppes, maisons à un étage typiquement bordelaises, qui accueillent des habitants de la classe moyenne. Il est également à quelques pas du centre « officiel », c’est-à-dire de la Place Gambetta (où se trouve une borne en pierre d’où partent les numérotations des maisons), ensemble XVIIIe siècle qui tranche avec l’architecture moderne du quartier Mériadeck.
Au sud-ouest, le quartier Saint-Genès abrite une population aisée, voire bourgeoise. Enfin, les quartiers sud (Nansouty, barrière de Toulouse, Saint-Jean, Belcier…) accueillent une population aux revenus modestes. La présence de zones industrielles, de nombreuses voies ferrées de la SNCF et d’infrastructures telles que les abattoirs centraux ternissent nettement l’image des quartiers sud, notamment de ceux situés près de la Garonne. D’une manière générale, que ce soit dans la vieille ville ou dans les anciens faubourgs, la partie sud accueille une population plus pauvre que celle des quartiers nord.
Les quartiers extérieurs
Rive Droite – La Bastide – La Benauge
La rive droite de la ville s’est longtemps développée loin du regard des urbanistes de la rive gauche, et de manière plus anarchique. Les quartiers de la Bastide et de la Benauge qui composent cette partie de la ville accueillent une population modeste mais aussi de nombreuses industries. La rive droite comporte également de nombreuses friches industrielles dégradant fortement l’image de ces quartiers qui font face à la rive gauche. Cependant, depuis une dizaine d’années, des plans de rénovation de cette partie de la ville ont vu le jour. De nouveaux bâtiments résidentiels sont en phase de réalisation. Un pôle universitaire de gestion a été inauguré à la rentrée 2007 et devrait accueillir à terme quelque 3000 étudiants. L’arrivée du tramway sur la rive droite a également permis de rénover une partie de ces quartiers comme la place Stalingrad ou l’avenue Thiers. Aujourd’hui le quartier de la Bastide s’est considérablement orienté vers le futur avec la reconversion de l’ancienne gare d’Orléans en cinéma (multiplex). Un projet de nouveau pont entre le quartier de Bacalan et La Bastide est prévu pour 2009-2011. Un projet d’une nouvelle ZAC Bastide 2 est dans les cartons. Ce projet prévoit la création de 2500 à 3000 logements dont 40% de logements sociaux dont les bâtiments devraient s’élever d’un minimum de huit étages à ç maximum de dix ou douze, le but de cette ZAC étant de densifier la Bastide (le 7ème arrondissement entre autres) une fois cette ZAC achevée, le quartier de la Bastide devraient gagner 12000 habitants supplémentaires. À moyen terme, un projet d’une nouvelle ZAC Bastide nord prévoit la création de 4000 logements.
Le Lac – Bacalan
Sur la rive gauche, au nord de la ville se situent les quartiers de Bordeaux-Lac et de Bacalan.
La construction du quartier de Bordeaux-Lac fut entreprise par la municipalité dirigée par Jacques Chaban-Delmas, après l’assèchement de marais et la création d’un lac artificiel. Ce quartier, dessiné par l’architecte-urbaniste Xavier Arsène-Henry, accueille des tours de logements, quelques bureaux et des centres commerciaux. Le Parc des Expositions de Bordeaux y a aussi été construit. Le bilan de la construction de ce nouveau quartier est mitigé, ce quartier étant peu attractif et trop excentré. C’est dans ce quartier que se situe le pont d’Aquitaine construit avec la rocade à la même époque. L’arrivée du tramway en 2008 devrait redynamiser ce quartier.
Le quartier de Bacalan se situe à proximité des bassins à flot et de l’ancienne zone portuaire de Bordeaux. Ce quartier qui abritait autrefois les dockers accueille aujourd’hui encore une population modeste. Là aussi, l’arrivée du tramway et la restructuration du quartier et des anciens hangars devraient le modifier en profondeur.
Origine du nom « Bacalan » : il vient du nom de la famille de Bacalan, originaire de Sauveterre de Guyenne qui, au XVIIème siècle, était une famille protestante ayant compté parmi ses membres un nombre important de parlementaires bordelais; la version qui attribue l’origine du mot Bacalan à l’adaptation du portugais bacalhau, par référence à l’exploitation de la morue, bien que séduisante, est erronée[24] : il n’y eut jamais de sécheries dans ce quartier et les portugais n’ont jamais été engagés dans les campagnes bordelaises sur les bancs de Terre-Neuve.
Caudéran
À l’ouest se situe Caudéran. Cette ancienne commune de l’agglomération a fusionné avec Bordeaux en 1965 et constitue maintenant l’un des quartiers de la ville. Cette ancienne banlieue « chic » de Bordeaux est l’un des quartiers les plus calmes de la ville. Sa fusion a permis l’extension de Bordeaux vers l’ouest. Le Parc bordelais, plus grand espace vert de la ville, se situe dans ce quartier. Au sud-ouest, Saint-Augustin accueille une population de la classe moyenne supérieure. On y trouve le stade Chaban-Delmas (ou Lescure), l’hôpital Pellegrin (CHU de Bordeaux) et la faculté de médecine (Université Bordeaux 2).
Bordeaux est aussi une ville industrielle. L’industrie emploie 28 000 salariés (dont 16 000 pour le bois et le papier), le constructeur automobile Ford Aquitaine Industrie étant le premier employeur industriel aquitain. Bien que l’industrie bordelaise ait souffert ces dernières décennies (rive droite de Bordeaux), la ville a su se repositionner dans les technologies de pointe et les nouvelles technologies, notamment l’aéronautique. L’agglomération bordelaise est en effet un pôle majeur dans les secteurs aéronautique, spatial et de défense, second pôle national après Toulouse, avec 20 000 emplois directs et 8 000 emplois en sous-traitance. Sont notamment implantées à Bordeaux et ses environs les entreprises Dassault, Safran (l’ancienne Snecma), EADS et Thales. C’est notamment en périphérie de Bordeaux que sont construits les avions Falcon, le cockpit de l’Airbus A380, les propulseurs d’appoint de la fusée Ariane et le missile servant de vecteur à l’arme nucléaire embarqué dans les SNLE, le M-51. Le laser Mégajoule est en construction en périphérie de Bordeaux, plus précisément au Barp : ce projet, capital pour le renouvellement du dispositif de dissuasion nucléaire français, dans lequel le ministère de la défense compte investir plus de deux milliards d’euros, serait associé à un pôle industriel en industrie optique et laser de niveau européen.
Sont aussi présentes la pétrochimie et l’industrie pharmaceutique (Sanofi-Aventis), ainsi que l’industrie agroalimentaire (30 000) (LU), et en particulier les vins et spiritueux (Marie Brizard, Ricard), mais aussi, bien sûr, les vins de Bordeaux, secteur dans lequel certaines entreprises peuvent être considérées comme de véritables industries.
En 1995, la mairie de Bordeaux a divisé la ville en 12 quartiers administratifs pour permettre la mise en place de conseils de quartiers. Ces conseils permettent un meilleur lien entre les Bordelais et leurs élus ainsi qu’un traitement plus efficace des problèmes locaux. Les 12 quartiers créés regroupent plusieurs quartiers historiques (22, voir partie quartiers historiques de Bordeaux).
Ces douze quartiers sont les suivants :
Quartier du Lac
Quartier de Bacalan
Quartier Grand-Parc – Chartrons – Paul Doumer
Quartier de la Bastide
Quartier Hôtel de Ville – Quinconces – St-Pierre – St-Éloi
Quartier St-Seurin – Fondaudège
Quartier de Caudéran
Quartier St-Augustin – Quintin-Loucheur – Tondu
Quartier St-Bruno – St-Victor – Mériadeck
Quartier Capucins – Victoire – St-Michel – Ste-Croix
Quartier Nansouty – St-Genès – Simiot – Barrière de Toulouse
Quartier St-Jean – Belcier – Carle Vernet – Albert 1er – Sacré Cœur
Cantons (Arrondissement)
En 1965, la commune de Caudéran a été rattachée à Bordeaux, elle forme maintenant le 8e canton.
Bordeaux est divisée en 8 cantons :
Le 1er canton compte 27 672 habitants;
Le 2e canton compte 26 062 habitants;
Le 3e canton compte 34 973 habitants;
Le 4e canton compte 33 969 habitants;
Le 5e canton compte 28 503 habitants;
Le 6e canton compte 29 801 habitants;
Le 7e canton compte 14 264 habitants;
Le 8e canton compte 40 634 habitants.
Pour un total de 232 260 habitants en 2006 selon l’INSEE
Quelques établissements
Bordeaux compte quatre universités dans différents domaines de compétences :
l’université Bordeaux-I (Sciences et technologies);
l’université Victor Segalen Bordeaux-II (Médecine, sciences de l’homme, sport et œnologie);
l’université Michel de Montaigne Bordeaux-III (Sciences humaines, lettres et langues);
l’université Montesquieu Bordeaux-IV (Droit, sciences politiques, sciences économiques, sciences sociales, sciences de gestion et management).
L’École nationale de la magistrature est l’unique école de France formant des magistrats.
L’Institut polytechnique de Bordeaux est un « grand établissement » composé de quatre écoles d’ingénieurs :
l’École nationale supérieure de cognitique;
l’École nationale supérieure de chimie, de biologie et de physique;
l’École nationale supérieure d’électronique, informatique, télécommunications, mathématiques et mécanique de Bordeaux;
l’École nationale supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux.
Il y a deux autres écoles d’ingénieurs à Bordeaux : l’École nationale d’ingénieurs des travaux agricoles de Bordeaux (ENITA) et l’École nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM).
Il existe aussi trois écoles de commerce : Bordeaux Management School, École de commerce européenne, Institut des hautes études économiques et commerciales (INSEEC).
Autres écoles :
Institut d’études politiques de Bordeaux (Sciences Po Bordeaux)
École du service de santé des armées de Bordeaux (Santé navale)
Conservatoire national des arts et métiers d’Aquitaine (CNAM)
École d’administration des affaires maritimes
École d’architecture et de paysage de Bordeaux
Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine (IJBA)
École pour l’informatique et les nouvelles technologies (EPITECH)
École privée des sciences informatiques (EPSI)
École supérieure d’ingénierie informatique (ESII)
École supérieure d’informatique (eXia)
École supérieure d’informatique (Supinfo)
École Française des Attachés de Presse et des professionnels de la communication (EFAP)
École des beaux-arts de Bordeaux
Quartiers historiques de Bordeaux
Caudéran
Victoire
Nansouty
Saint-Michel
Capucins
Hôtel de Ville
Quinconces
Fondaudège
Chartrons
Saint-Jean
Sainte-Croix
Belcier
Bastide
Mériadeck
Bordeaux-Lac
Bacalan
Saint Genès
Le Grand Parc
Saint-Pierre
Saint-Augustin
Le Tondu
Le quartier de Bordeaux-Lac réunit, autour d’un plan d’eau artificiel de 160 hectares, un parc des expositions, un palais des congrès, un centre hôtelier, une base de plein air et de loisirs (centre de voile, …), un parc floral et un vélodrome. De nombreuses manifestations s’y déroulent : la Foire internationale, Vinexpo, le Jumping international, les Six jours cyclistes de Bordeaux…
À noter que la mairie de Bordeaux a créé en 1995 des quartiers administratifs, notamment dans le but de créer des conseils de quartiers. Ceux-ci regroupent parfois plusieurs quartiers historiques différents.
Monuments
Architecture classique
Monument aux Girondins
Article détaillé : Monument aux Girondins.
Monument aux GirondinsC’est en 1881, à l’approche du centenaire de la Révolution, que la ville de Bordeaux émit le vœu d’ériger ce monument aux Girondins et à la République, à la mémoire des députés Girondins victimes de la Terreur, apportant ainsi les preuves de sa fidélité à la IIIe République et à ses anciens. Mais le monument ne fut construit qu’entre 1894 et 1902 sur la place des Quinconces, cette immense place au cœur de Bordeaux, où trônait jadis le Château Trompette
Le monument a été conçu par l’architecte Victor Rich, le sculpteur bordelais Achille Dumilâtre ainsi que Félix Charpentier et Gustave Debrie. Ils ont élevé une colonne, placée au centre de deux demi-bassins, surmontée à 43 mètres du sol, par le Génie de la Liberté brisant ses fers. D’autres statues complètent l’ensemble : le Coq Gaulois, la Tribune, l’Éloquence et l’Histoire, tournées vers le fleuve, constituent la dédicace de ce monument aux députés Girondins ; de l’autre côté, regardant vers la ville, trois statues de femmes représentent la ville de Bordeaux, la Garonne ainsi que la Dordogne. Enlevés durant la Seconde Guerre mondiale pour récupérer le métal, tous ces éléments ne retrouveront leur place initiale qu’en 1983.
Dans le bassin tourné vers le Grand Théâtre, c’est « le Triomphe de la République » qui a été choisi comme thème, avec des statues représentant le travail et la sécurité, symbolisés par le Forgeron et le Lion. Dans le second bassin, orienté vers le jardin public, c’est le Triomphe de la Concorde qui protège la Fraternité et l’ Abondance, source de la prospérité du Commerce et de l’ Industrie, symbolisés par les trois enfants à gauche, tandis que les Arts sont représentés par les trois autres enfants à droite. Dans ce bassin, les chevaux de Gustave Debrie amènent le Bonheur – exprimé par un dauphin – au chérubin.
le Grand Théâtre
Article détaillé : Grand Théâtre (Bordeaux).
Grand ThéâtreLa place de la Comédie se trouve sur l’emplacement du forum gallo-romain où étaient situés les Piliers de Tutelle (Tutela, déesse protectrice de la ville), rasés sur ordre de Louis XIV, après les troubles de la Fronde puis une sanglante révolte antifiscale, pour faciliter le tir des canons du château Trompette sur la cité rebelle.
Classé monument historique, le Grand Théâtre a été édifié par l’architecte Victor Louis entre 1773 et 1780. Exemple parfait d’un théâtre à l’italienne. Dernière restauration en 1991. Depuis il a retrouvé sa décoration intérieure d’origine (marbre, o] et bleu). Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus beaux théâtres français.
Le péristyle de sa façade, inspiré de l’Antiquité, est supporté par 12 colonnes corinthiennes. La balustrade est ornée de douze statues de pierre représentant les 9 muses et 3 déesses : (Junon, Vénus, Minerve). Certaines scènes du film Beaumarchais l’insolent y ont été tournées.
Allées de Tourny
Allées de TournyCette esplanade fut aménagée entre 1743 et 1757 par l’intendant Tourny. Large de 65 mètres et longue de 265 mètres, elle est bordée du côté pair d’immeubles à façades Louis XV. Ces derniers ne comportaient à l’origine qu’un rez-de-chaussée et un étage. La plupart d’entre eux furent rehaussés après la destruction du château Trompette à l’emplacement de l’actuelle place des Quinconces car ils ne gênaient plus les tirs de canon. Les immeubles situés du côté impair ont été construits au XIXe siècle. Le carrousel est présent sur la place tout au long de l’année..
Pont de Pierre
Article détaillé : Pont de Pierre (Bordeaux).
Pont de PierreIl relie la rive gauche au quartier de la Bastide. Premier pont sur la Garonne, il fut construit sur ordre de Napoléon Ier entre 1810 et 1822. Les premières assises de la maçonnerie des piles ont été mises en place grâce à des caissons compartimentés de 23 m de longueur, de 7,40 m de largeur et de 6 m de hauteur. Durant douze ans les bâtisseurs durent faire face à de nombreux problèmes en raison du courant très fort à cet endroit-là. C’est grâce à une cloche à plongée empruntée aux Britanniques que les piliers du pont purent être stabilisés. Il compte dix-sept arches (nombre de lettres dans le nom de Napoléon Bonaparte). Sur les côtés, chaque pile de briques est rehaussée d’un médaillon blanc en l’honneur de l’empereur. Il porte aussi les petites armoiries de la ville (les trois croissants entrelacés). Ce pont fut le seul jusqu’à la construction du pont Saint-Jean en 1965.
Cours de l’Intendance
Il relie la place de la Comédie à la place Gambetta. Avec le cours Georges-Clemenceau et les allées de Tourny, il forme un triangle dont le centre est la place des Grands Hommes, triangle appelé par les bordelais le « triangle d’or » puisque les magasins les plus prestigieux de la ville y sont regroupés. Le tracé du cours de l’Intendance correspond à celui des fossés nord de la première enceinte fortifiée de la ville, au IVe siècle.
Au XIe siècle, les Bordelais comblent ces fossés et créent une rue à laquelle ils donnent le nom de « fossés de Campaure ». Par la suite cette rue changea encore plusieurs fois de nom : « fossés de l’Intendance » en 1707, « fossés Marat » sous la Révolution.
Cathédrale Saint-André et Tour Pey-Berland
Articles détaillés : Cathédrale Saint-André de Bordeaux et Tour Pey-Berland.
La Tour Pey-BerlandDu nom de l’archevêque de la ville en 1430 (mort en 1458) qui créa la première université de Bordeaux vers 1440. Il est inhumé derrière le maître autel de la cathédrale.
Consacrée par le pape Urbain II en 1096, la cathédrale est bâtie sur un plan en croix latine à nef unique de 124 mètres de long, 18 m de largeur au transept, 23 m de haut dans la nef et 29 m dans le chœur. Alors qu’elle avait été conçue pour avoir quatre clochers, deux seulement ont leur flèche (côté rue Vital-Carles) car on se rend vite compte que la cathédrale est trop lourde pour le sol marécageux et s’enfonce. La construction des deux autres clochers est alors abandonnée. Du premier édifice roman du XIe siècle il ne reste que les murs intérieurs de la nef.
La porte Royale (première moitié du XIIIe siècle) est un bel exemple gothique (embasements ornés de statues des apôtres ; tympan avec le Jugement Dernier). Le tympan du portail Nord (XIVe siècle) est orné de trois registres de bas reliefs représentant la Cène, l’Ascension et le Triomphe du Rédempteur. Le chevet et le transept remontent aux XIVe et XVe siècles.
Parmi les évènements liés à cet édifice il y a le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Louis VII, futur roi de France, en 1137. La cathédrale est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.
La tour Pey-Berland, isolée du reste de l’édifice, a été construite entre 1440 et 1450. Elle est quadrangulaire avec des contreforts, une galerie extérieure et une flèche octogonale avec au sommet, une statue de Notre-Dame d’Aquitaine réalisée en 1862 et restaurée dernièrement.
Église Sainte-Croix
Article détaillé : Abbatiale Sainte-Croix de Bordeaux.
Façade de l’église Sainte-CroixSur l’emplacement d’une abbaye fondée au VIIe siècle, détruite par les Sarrasins, reconstruite par les carolingiens puis détruite par les Vikings en 845 et en 864. De l’ancienne abbatiale des bénédictins édifiée entre le XIIe et le XIIIe siècle ne subsistent que les murs de la nef et quelques vestiges du mobilier. En effet l’église a été presque entièrement reconstruite par Paul Abadie au XIXe siècle, qui rajouta un clocher symétrique à l’original à gauche de la façade.
Sur la façade de de style roman saintongeais, les portails sculptés représentent l’avarice et la luxure. À l’intérieur se trouve un orgue réalisé en 1774 par Dom Bedos de Celles. L’ancien couvent bénédictin abrite aujourd’hui l’École des beaux-arts de Bordeaux.
Basilique Saint-Michel
Article détaillé : Basilique Saint-Michel de Bordeaux.
Clocher de la Basilique Saint-MichelÉglise de style gothique flamboyant construite entre la fin du XIVe et le XVIe siècle. La chaire est de Feyneau et représente saint Michel terrassant le dragon. Les vitraux furent détruits lors des bombardements en 1940. Clocher isolé de 114 mètres de haut, construit au XVe siècle. En 1881 fut découvert un cimetière gallo-romain et des catacombes sous la tour. Classé monument historique.
Place du Chapelet
Elle est construite consécutivement aux événements de 1675. Entre les allées de Tourny et le marché des Grands Hommes.
Église Notre-Dame
Article détaillé : Église Notre-Dame de Bordeaux.
Église Notre-DameL’église Notre-Dame (Saint-Dominique avant le Concordat), a été construite par Pierre Duplessy-Michel (1684-1707). Elle est inspirée de l’église du Gesù à Rome. Sa façade est baroque, de style jésuite. Elle est classée monument historique. Elle possède une acoustique remarquable d’où le nombre élevé de concerts organisés dans cet endroit. On peut y voir six tableaux du peintre André Jean, en religion dit : le Frère André, datés de 1712, 1714, 1718, 1731, 1732 et 1735. On trouve des bas-reliefs, un maître-autel en marbre blanc dû à Peru (1759) et des grilles en fer forgé autour du chœur dues à Moreau (1780).
Son cloître est la Cour Mably. Construit en 1684 sur les plans de l’architecte Michel Duplessy, ce bâtiment est le second couvent des Jacobins. Le premier est détruit en 1678. De 1797 à 1885 il est occupé par la Manutention militaire. À partir de 1886 il est rénové et transformé en Bibliothèque municipale.
Il abrita également le Musée des Antiquités à partir 1887. La présence en ces lieux de la Chambre Régionale de la Cour des Comptes est très récente, 1994.
Place du Parlement
Née sous le nom de place du Marché Royal, elle est rebaptisée place de la Liberté à la Révolution. Ordonnancée de style Louis XV.
Les immeubles qui la bordent, datent de la première moitié du XVIIIe siècle. Les façades sont très richement décorées. Elles sont ordonnées en travées construites sur trois niveaux avec hiérarchie des baies, séparées horizontalement par un jeu de bandeaux ponctués de mascarons et d’agrafes. Elles sont surmontées de balustrades. La fontaine centrale date du Second Empire. Le sol, refait en 1980, se compose de grandes dalles de calcaire doré.
Article détaillé : Place du Parlement.
Palais Rohan (siège de l’actuelle mairie)
Palais Rohan.Ancien palais archiépiscopal, construit entre 1771 et 1784. C’est l’archevêque Ferdinand Maximilien Mériadec de Rohan qui lui donne son nom puisque le palais fut construit à sa demande. Rohan commence par faire démolir les vieux bâtiments proches de la cathédrale puis les vieil archevêché. Il obtient du roi Louis XV, en 1771, l’autorisation de construire un palais digne de lui en vendant 30 hectares de terrains marécageux situés à côté. Joseph Étienne est le prmier architecte, il sera remplacé en 1776 par Richard Bonfin. Le sieur Poirier est le conducteur de travaux. En 1780, le palais est quasiment fini mais Monseigneur de Rohan est nommé archevêque de Cambrai. Il terminera sa carrière comme aumônier de l’impératrice Joséphine.
Il devint l’hôtel de ville de Bordeaux en 1835 après avoir été résidence impériale de Napoléon Ier.
Article détaillé : Palais Rohan.
Palais Gallien, dernier vestige de l’époque gallo-romaine
Article détaillé : Amphithéâtre dit Palais Gallien (Bordeaux).
Palais GallienL’Amphithéâtre dit Palais Gallien doit son nom à l’empereur Gallien, qui régna de 253 à 268.
Cet édifice est cependant sans doute antérieur. La ville gallo-romaine de Burdigala, capitale de la province d’Aquitaine, a connu sa première période de prospérité au milieu du IIe siècle de notre ère. L’amphithéâtre, construit en bordure de la ville, pouvait accueillir sur ses gradins en bois 15 000 personnes. il a été brûlé en 276 lors des invasions barbares. Il a également souffert de destructions majeures lors de la Révolution. L’édifice est classé monument historique. Il ne reste que quelques travées et arcades, enserrées dans le tissu urbain. Une partie du monument est visible depuis les rues du Docteur Albert-Barraud, Émile-Fourcand ou du Palais-Gallien.
La rue Sainte-Catherine
Article détaillé : Rue Sainte-Catherine (Bordeaux).
Principale rue de Bordeaux, c’est la plus longue rue piétonne d’Europe.
Jusqu’en 1772, près de la place de la Comédie, se trouvait la Porte Médoc. Depuis la Galerie Bordelaise réalisée en 1833 par Durand on aperçoit la Porte Dijeaux.
Porte Dijeaux
Porte DijeauxEntrée monumentale de la ville au XVIIIe siècle, bâtie par Voisin entre 1748-1753 sur les plans de l’architecte André Portier. Le décor est de Clair Claude Francin. La porte Dijeaux est en pierre de Frontenac, pierre dure et dense, habituellement utilisée pour les fondations d’un bâtiment (pour les parties supérieures on utilise habituellement la pierre de Bourg). On peut remarquer dans cette pierre poreuse, des sédiments de coquilles. Son nom est en rapport avec le temple de Jupiter qui se dressait à cet emplacement à l’époque gallo-romaine. Le nom vient de la déformation du gascon « De Jòu » (de Jupiter) qui est la langue traditionnelle de Bordeaux.
Place de la Victoire
Place de la VictoireÀ l’autre extrémité de la rue Sainte-Catherine se trouve la Porte de la Victoire.
Quand Tourny a supprimé les portes médiévales, il souhaitait remplacer les quatre tours rébarbatives flanquant l’ancienne porte gothique, la porte Saint Julien datant de 1302 (qui avait pris son nom d’un hôpital voisin créé en 1231 pour soigner lépreux et pestiférés) qui s’ouvrait, au sud de la rue Sainte-Catherine, sur l’actuelle Place de la Victoire, là où jadis se réunissaient les deux routes du Languedoc et d’Espagne par un véritable arc de triomphe, à l’image de la grandeur de la capitale de la Guyenne.
Le 8 juin 1748 fut entreprise sa construction par Portier.
Elle a pris le nom de porte d’Aquitaine le 18 novembre 1753 afin d’honorer le second fils de la Dauphine, le duc d’Aquitaine Xavier de France qui venait de naître.
La porte d’Aquitaine est ornée, d’un côté, des armes royales dans une coquille bivalve et de dieux marins enlaçant l’écusson ; de l’autre, les armes de la ville émergeant d’une coupe sur laquelle retombent fruits et fleurs. Elle est faite en belle pierre de Saint-Macaire (pierre qui devient dure et rosée), percée d’une arcade de plus de onze mètres de haut et de cinq mètres de large, ornée de bossages en saillie. Après la Seconde Guerre mondiale), elle a pris le nom de Porte de la Victoire.
Au centre de la rue Sainte-Catherine se trouve la place Saint-Projet (évêque auvergnat mort en 674). La croix de carrefour fut restaurée en 1977; elle se trouvait au centre d’un cimetière depuis 1392. L’église se trouvait au sud de cette place et il en reste la tour clocher. La fontaine a été réalisée vers 1715.
Article détaillé : Place de la Victoire (Bordeaux).
Porte Cailhau (place du Palais)
Porte CailhauElle faisait partie des remparts de la ville. Au Xe siècle, la place du Palais bordait le Palais de l’Ombrière, résidence des ducs de Guyenne. Le futur roi de France, Louis VII, y séjourna à l’occasion de son passage à Bordeaux pour son mariage avec Aliénor d’Aquitaine. Au XIIIe siècle, le palais fut remplacé par un autre. À partir de 1462, le Parlement de Bordeaux y siégea. Ravagé par plusieurs incendies (1597, 1704), il fut démoli en 1800, permettant ainsi l’ouverture de l’actuelle rue du Palais de l’Ombrière. Au fond de la place du Palais se dresse la Porte Cailhau. Son nom évoque peut-être les cailloux, appelés « calhaus » en gascon, qui étaient accumulés à ses pieds par la Garonne et qui servaient à lester les navires. Plus probablement, elle évoque la grande famille bourgeoise bordelaise médiévale des Cailhau qui donna plusieurs maires à la ville (XIIIe – XIVe siècles).
Élevée dans un style gothique Renaissance (mâchicoulis, toitures aiguës de 35 mètres de haut, lucarnes, lanternes) au XVe siècle, en souvenir de la victoire remportée en 1495 par Charles VIII à la Fornoue, elle faisait office d’arc de triomphe et de porte défensive (présence d’une niche à l’effigie du roi).
Classée monument historique. Elle fut restaurée au XIXe siècle (1822) et ses bas reliefs abîmés sont conservés au Musée d’Aquitaine.
La Grosse Cloche, seconde porte restante de l’ancienne enceinte médiévale
Article détaillé : Grosse cloche de Bordeaux.
La Grosse ClocheC’est un des rares monuments civils (avec la porte Cailhau) que la ville conserve du Moyen Âge. Elle vient d’être restaurée. C’est le beffroi de l’ancien hôtel de ville; elle figure d’ailleurs sur les armoiries de la ville. Elle a été édifiée au XVe siècle sur les restes de l’ancienne Porte Saint-Éloy du XIIIe siècle (adossée à l’église Saint-Éloi du XIIe siècle). Elle est composée de deux tours circulaires de 40 mètres de haut reliées par un bâtiment central. À l’origine il y avait six tours crénelées. La cloche est coulée en 1775 par Turmel et elle pèse 7 800 kg. L’horloge est réalisée en 1759 sur les plans du mathématicien Larroque.
Porte de Bourgogne
Article détaillé : Porte de Bourgogne.
Porte de BourgogneAppelée aussi Porte des salinières, elle est située face au Pont de Pierre et s’ouvre sur le Cours Victor Hugo. Tourny souhaitait qu’elle constitue un accompagnement pour la Place Royale (Place de la Bourse) et la consacra au Prince Monseigneur le Duc de Bourgogne le 24 janvier 1757. Sa conception se rapproche de celle des Arcs de Triomphe, tel que celui de Titus à Rome. Elle a été un temps l’Arc Napoléon.
Église Saint-Éloi
Depuis sa mise à disposition d’une association proche de la fraternité Saint-Pie-X par le maire Alain Juppé, le monument est au centre d’une polémique. Le 10 décembre 2002, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la délibération prise le 28 janvier 2002 concernant cette mise à disposition. Le jugement a été confirmé en Cour administrative d’appel le 27 avril 2004. Enfin, le pourvoi en cassation de cette « Association église Saint-Éloi » a été rejeté par le Conseil d’État le 2 mars 2005. Les décisions de justice n’ont pas encore été exécutées et l’église demeure le siège des traditionalistes catholiques bordelais. Le 1er février 2007 met un point final à la polémique : le cardinal Ricard attribue à l’Institut du Bon Pasteur, dont le supérieur restaura l’église, la paroisse Saint-Éloi.
La façade des quais de la rive gauche, plus particulièrement la place de la Bourse
Miroir d’eau devant la place de la BourseRéalisée sous l’intendance de Boucher par l’architecte du roi, Jacques Ange Gabriel, entre 1730 et 1775, la place de la Bourse est la première brèche dans les remparts du Moyen Âge et est destinée à servir de somptueux écrin à la statue équestre, détruite à la Révolution, du roi de France Louis XV. Elle est inaugurée en 1749, symbole de la prospérité de la ville. Successivement appelée place Royale, place de la Liberté pendant la Révolution, place impériale sous Napoléon Ier, puis à nouveau place Royale à la Restauration. En 1848, à la chute de Louis-Philippe Ier, elle devient place de la Bourse.
L’intendant Boucher veut ouvrir la ville sur le fleuve. Il souhaite moderniser Bordeaux et offrir un visage de la ville plus accueillant à l’étranger qui vient par la rive droite de la Garonne. On supprime une partie des murailles qui ceinturent Bordeaux et on construit une place Royale. Une statue équestre du roi Louis XV est placée en son centre.
Fontaine des Trois GrâcesÀ la Révolution la statue est remplacée par un « arbre de la Liberté ». Elle prend le nom de « Place Impériale » à l’occasion de la venue de Napoléon Ier. En 1828, sous la Restauration, la ville élève une modeste fontaine, en forme de colonne de marbre rose surmontée d’un chapiteau blanc et d’un globe, à l’emplacement de la statue équestre disparue à la Révolution. Elle est remplacée par l’actuelle fontaine des Trois Grâces en 1869 (l’impératrice Eugénie, la reine Victoria et Isabelle II d’Espagne) de Visconti (1865)
Miroir d’eau sur les quais, devant la Garonne et le pont de PierreCette place est une des œuvres les plus représentatives de l’art architectural classique français du XVIIIe siècle. Au nord se tenait le Palais de la Bourse (actuelle Chambre de Commerce et de l’Industrie de Bordeaux) et au sud l’Hôtel des Fermes (actuelle Direction Interrégionale des Douanes et Droits Indirects qui abrite en son sein le Musée national des Douanes). Ce dernier est réalisé par Jacques Ange Gabriel entre 1735 et 1738 et les sculptures représentent Minerve protégeant les arts et Mercure favorisant le commerce de la ville.
Les frontons des autres bâtiments et les mascarons sont sculptés par Verbeckt, Vernet et Prome. Les frontons représentent : la grandeur des princes, Neptune ouvrant le commerce, la jonction Garonne-Dordogne, le Temps découvrant la Vérité.
Les mascarons sont des hommes barbus et des jeunes filles. Le cadran de l’horloge est d’Hustin, un faïencier bordelais et l’intérieur est composé de tableaux et de tapisseries des Gobelins.
Depuis fin juillet 2006 Bordeaux est dotée du plus grand miroir d’eau du monde, d’une surface de 3 450 m2. Le système imaginé par le fontainier parisien Jean-Max Llorca, permet de faire apparaître l’un après l’autre un effet miroir (avec 2 centimètres d’eau stagnant sur une dalle de granit) et un effet brouillard pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres de hauteur.
Église Saint-Pierre (place Saint-Pierre)
Église Saint-PierreLa place Saint-Pierre n’existait pas du temps des gallo-romains. C’était autrefois l’entrée du port intérieur de la ville. L’église Saint-Pierre est construite sur le mur nord de l’ancien chenal de passage. Elle a été construite au XVe siècle et fut remaniée en grande partie au XIXe siècle mais le portail de style gothique flamboyant, la porte sud et le chœur sont d’origine.
Petit hôtel Labottière
Le petit hôtel Labottière est un hôtel particulier situé à deux pas du Jardin Public. Il constitue un remarquable exemple d’architecture néoclassique du XVIIIe siècle. Classé monument historique, il a été édifié entre 1783 et 1788 par l’architecte Etienne Laclotte pour Etienne Labottière. L’hôtel a fait l’objet d’une rénovation dans le goût de l’époque.
Hôtel de Saige
Construit par Victor Louis entre 1775 et 1777 en s’inspirant du palais Mancini (Rome). Situé au n°25 du cours du Chapeau Rouge (au niveau de l’intersection avec la rue Louis.
Église Saint-Seurin avec site paléochrétien
C’est la plus ancienne église de Bordeaux, dédiée à saint Seurin qui fut évêque de la ville. Sa construction remonte au début du VIe siècle, mais elle ne sera basilique qu’en 1873. L’édifice est classé monument historique et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’église abrite un porche du XIe siècle orné de chapiteaux, un chevet et un transept du XIIe siècle, une nef du XIIIe siècle ainsi que des chapelles des XIe et XVe siècles. On y trouve aussi une crypte du XIe siècle hébergeant le tombeau de saint Fort ainsi que des sarcophages mérovingiens. Le site englobe également une vaste nécropole chrétienne dont les sépultures s’échelonnent du IVe siècle au XVIIIe siècle. La basilique Saint-Seurin était sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle qui s’y arrêtaient au Moyen Âge pour vénérer le bâton de saint Martial, voir l’olifant de Roland, et les reliques de saint Seurin et de saint Fort.
Église Saint-Bruno
Le Cardinal François de Sourdis avait, à partir de 1611, facilité la création d’un couvent de Chartreux (ordre déjà venu à Bordeaux en 1381 (sur des marais situés aux portes de la ville, quartier qui prendra le nom des Chartrons), après avoir été chassé par la guerre de Cent Ans du Périgord où il était installé), grâce au don d’un religieux, Blaise de Gascq.
Ouvert dès 1611, le monastère reçut une chapelle devenue église dédiée à saint Bruno (fondateur de l’Ordre), consacrée le 29 mars 1620 par le cardinal de Sourdis. La façade est inspirée du style italien et tend vers le baroque, tout comme le chœur. Dans une nef unique de quarante-six mètres de long, sont réunies de fort belles œuvres d’art dont plusieurs furent commandées par le Cardinal de Sourdis aux Bernin père et fils. Le retable du chœur est décoré de marbres enlevés aux Turcs qui les destinaient à La Mecque. Le retable du maître-autel est décoré d’une « Assomption » due à Philippe de Champaigne (1673). Des deux côtés de l’autel, statues de marbre de Gian Lorenzo Bernini, dit « Le Bernin ». Diverses toiles des XVIIIe et XIXe siècles, un beau portrait de saint Bruno (XVIIe siècle), boiseries du XVIIe siècle. La nef voûtée en berceau de 46 m de long est ornée de fresques en trompe-l’œil (XVIIe siècle) dues au peintre italien Gian Antonio Berinzago décrivent un décor architectural antique comprenant des décorations d’un palais coiffée de bustes. À gauche du chœur, dans une salle voûtée, se trouve le tombeau des Sourdis (1691).
Le jardin des Chartreux est devenu, à la Révolution, le cimetière central de la ville (cimetière de la Chartreuse).
Palais de Justice de Bordeaux
Article détaillé : Place de la République (Bordeaux).
Le palais de Justice a été construit entre 1839 et 1846 sur l’emplacement de l’ancien fort du Hâ d’après des dessins réalisés en 1836 par l’architecte Joseph-Adolphe Thiac, qui avait présenté une dizaine de projets, entre 1831 et 1864, tous rejetés. Sa construction a coûté le double de la somme prévue (deux millions de francs).
Sur sa longue façade principale (inspirée du temple d’Aphaïa), un péristyle monumental (inspiré du Parthénon) à douze colonnes doriques, surmonté de trois frontons triangulaires, s’ouvre, en retrait de deux larges avant-corps, sur un escalier très large.
Sur la toiture plate des avant-corps, quatre personnages sont sculptés par le bordelais Dominique Fortuné Maggesi : Montesquieu et Michel de L’Hospital à droite, Malesherbes et D’Aguesseau à gauche.
De style néoclassique marqué par l’influence gréco-romaine, l’ensemble est conçu pour manifester la solennité et rigueur de la justice.
La Cour d’assises était au centre, les salles d’audiences de la Cour royale et du Tribunal civil réparties à droite et à gauche d’une vaste salle des Pas-perdus rectangulaire et la prison du Hâ, conçue sur le modèle du système cellulaire de Pennsylvanie, à l’arrière de l’édifice.
Les procès de Marie Besnard et de Maurice Papon s’y sont déroulés
Une extension du palais de justice a été réalisée en 1998 par le cabinet Richard Rogers. À l’époque du procès Papon.
Synagogue de Bordeaux
Façade de la synagogueLa synagogue de Bordeaux (36, Cours Pasteur) a été construite sur un plan néo-romano-byzantin à la fin du XIXe siècle, la synagogue de la rue Causserouge ayant été détruite par un incendie.
Œuvre de l’architecte Charles Durand, ce grand édifice d’inspiration gothique et orientale, terminé en 1882, est le siège de la communauté métropole du judaïsme sépharade venue d’Espagne. Il fut transformé en lieu de détention de fin 1943 jusqu’à la Libération (mobilier détruit ou pillé en novembre 1943, mais architecture intacte) . Le couvrement de l’édifice est une structure métallique porteuse en tôle rivetée réalisée par les ateliers de Gustave Eiffel ; elle permet de dégager un espace intérieur de grande ampleur. L’ossature métallique est dissimulée sous un stucage peint.
Elle abrite une monumentale menorah (chandelier à sept branches) de plus de dix mètres de hauteur.
Fontaines
Fontaine Amédée-Larrieu : Groupe de trois fontaines érigé en 1901 par les architectes Edouard Bauhain et Barbaud, avec le sculpteur Raoul Verlet, utilisant des fonds légués à la ville par Eugène Larrieu pour cette destination. Le square est inauguré le 15 mai 1902.
Place Charles-Gruet : fontaine style Renaissance réalisée en 1865 par l’architecte Louis Garros; sous le petit temple circulaire, une sculpture en ronde bosse représente la nymphe de la Fontaine d’Audège, œuvre du sculpteur Louis Coëffard de Mazerolles.
Architecture moderne
Base sous-marine
Base sous-marine.Article détaillé : Base sous-marine de Bordeaux.
Construite en 1942 par les ouvriers du Génie de l’Armée italienne. Cet imposant vestige de la Seconde Guerre mondiale (qui a reçu de nombreux sous-marins allemands, italiens et japonais pendant le conflit), indestructible, abrite aujourd’hui un espace culturel très visité.
Bourse du travail
Article détaillé : Bourse du travail (Bordeaux).
La construction d’un bâtiment réservé aux syndicats fut confiée par Adrien Marquet, maire, à l’architecte Jacques D’Welles. La Bourse du travail a été inaugurée le 1er mai 1938. L’immeuble allie l’architecture fonctionnelle et massive de l’époque à un certain raffinement. La façade est décorée d’un bas-relief d’Alfred Janniot.
L’accès au premier étage est représentatif du style art déco bordelais. La ferronnerie, les rampes, les lustres sont remarquables. De part et d’autre de la salle de spectacle deux pièces sont ornées de fresques réalisées par des artistes bordelais : de Buzon, Roganeau, Caverne et Bégaud. La scène de la salle de spectacle est ornée d’une fresque de Jean Dupas représentant une allégorie de Bordeaux. Sur le coté droit, Jean Dupas a exécuté une grande fresque plus conventionnelle. Malheureusement, cette salle, fleuron de l’édifice, est aujourd’hui occupée par de hideux baraquements qui empêchent d’en apprécier l’élégance.
Pont d’Aquitaine
Pont d’AquitaineArticle détaillé : Pont d’Aquitaine.
Situé sur la rocade, il traverse la Garonne sur 1 000 m de longueur. Il fut inauguré en 1967.
Stade Chaban-Delmas
Article détaillé : Stade Jacques-Chaban-Delmas.
Il fut construit en 1935. C’est le stade où évoluent les footballeurs : les Girondins de Bordeaux.




